Camerounais, Dire qu’un sujet ou une question n’est pas politique est un non-sens

Cet article est un rappel au peuple « zombifié » du Cameroun. En ce 21eme siècle, où toutes les compétitions sont exacerbées entres les êtres, les humains, les peuples, les pays et les continents, tous les sujets et toutes les questions sont éminemment politiques. Si vous refusez un instant de considérer l’aspect politique d’une question alors vous êtes déjà hors sujet.

Juste pour rafraichir la mémoire des journalistes du RDPC, les données scientifiques des Occidentaux, sur l’esclavage, la ségrégation et la colonisation étaient toutes politiques. L’orientation de l’économie mondiale n’est pas scientifique ou littéraire, elle est politique. Ainsi les pays riches sont considérés comme pauvres, alors que les pays souverains sont considérés comme des pays riches. Et plus proche de nous encore, on observe en ce moment une gestion exclusivement politique du Covid 19, une pandémie qui menace l’existence humaine. Les occidentaux, débordés par les thérapies Africaines, ont préféré se lancer dans une bataille de vaccins, sans preuves, entre les Russes et les Etats unis. Donc, « même les questions qui semblent porter en elles l’ADN de l’objectivité, finissent par passer sous les scanner de la politique ». La question de la gestion écologique de notre planète est une bonne illustration de la domination d’un délirant voile politique sur une vraie question de bon sens.

Alors, nous invitons tous les débatteurs, tous les journalistes à rabattre les caquets aux membres du RDPC et ses partis satellitaires qui se répandent sur les plateaux de télévision et de radio pour neutraliser tous les débats sous prétexte qu’il ne faut pas politiser le sujet ou la question. Alors ! Si les questions ne sont pas politiques, qu’est ce qui justifie votre présence dans ces débats ?

Le régime de Yaoundé et le RDPC, en mal d’arguments, n’ont plus que cette phrase dans la bouche : « Il ne faut pas politiser le débat ». Une esquive qui les amènent à fermer systématiquement le débat comme s’il était interdit au Cameroun de débattre des questions ou même de les politiser. Ainsi, on ne peut pas parler de l’assassinat de nos frères du NOSO (ni à l’assemblée, ni dans les média), on ne peut pas parler des inondations ou de l’insécurité aveugle dans nos cités, on ne peut pas parler de la pauvreté des Camerounais et de l’injustice normalisée sans s’entendre dire avec mépris, arrogance et condescendance : « Il ne faut pas politiser le débat ».

Le dernier appel du Président Maurice Kamto pour la souveraineté du Cameroun est une question éminemment politique qui concerne tous les Camerounais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de l’intérieur et de la diaspora, y compris les membres du régime RDPC, le parti qui gangrène la vie des Camerounais.

Il y a une expression qui dit : Si vous ne faites pas la politique alors la politique va vous faire. Aujourd’hui, les Camerounais, face au naufrage du Cameroun, dégustent amèrement ce dicton après avoir abandonné leur pays aux mains du RDPC pendant près de 40 ans, selon le principe du RDPC qui consiste à dire qu’il faut laisser la politique aux politiciens.

Le désintéressement virtuel du peuple Camerounais à la chose politique  a été la marque de fabrique du RDPC et le cheval de bataille de la bande à Biya. Cette option a amené deux hommes du sérail à poser un acte qui sera retenu comme le fondement même de l’effondrement du Cameroun : L’interdiction de la politique à l’université ou encore plus simplement l’interdiction de la politique au Camerounais. Joseph Owona (je pense) fut le premier à prôner « l’école aux étudiants et la politique aux politiciens ». Titus Edzoa va matérialiser cette pensée en chassant de l’université tous les étudiants qui avaient une opinion politique différente de celle du RDPC. Il ira même plus loin en les poussant à l’exil, constituant ainsi la fameuse diaspora des parlementaires. C’est la conséquence de cette action suicidaire pour notre nation qui fait qu’aujourd’hui un quidam peut assassiner un étudiant en plein campus, sodomiser les étudiants, battre les étudiants avec des machettes sans la moindre réaction des étudiants.

Les autres conséquences, encore plus dévastatrices de ce génocide politique font qu’aujourd’hui :

  • Les Camerounais ne savent pas combien ils sont en plein 21ème siècle, au pays de Hogbe Nlend et de Tchuindjang Pouemi.
  • Aujourd’hui, 2 millions de Camerounais sur une population de 30 millions (estimations) participent aux élections. Une performance dont le RDPC ne cache pas sa satisfaction.
  • Un étudiant, sans aucune culture politique, rêve de passer des bancs des amphithéâtres à la présidence de la république directement, sans transition. Heureusement les rattrapages peuvent permettre quelques corrections.
  • Un certain Atanga Nji, est le meilleur ministre du régime du renouveau « nouveau » au pays de William Eteki Mboumoua et de Bernard Fonlon.
  • Un certain Amougou Belinga, est considéré comme le plus puissant homme d’affaires du Cameroun selon les canons raillés du régime de Yaoundé. Une situation qui pourra rappeler certainement aux membres du GICAM qu’ils doivent faire la politique au sens propre du terme.
#ctaText??#  Cameroun : Chasser le régime néocolonial en place depuis 1955, une urgence nationale

Camerounais, la politique c´est la vie. Toute personne morale ou physique, politique, journaliste, professeur, agriculteur, intellectuel, qui vous dira le contraire est un membre du RDPC ou un TOTO.

Oui ! Si vous souhaitez :

  • Organiser votre peuple, il vous faut une politique démographique, de natalité et même sociale.
  • Cultiver votre jardin, il vous faut une politique d’irrigation, agricole et même de conservation des semences.
  • Développer votre pays, il vous faut une politique de développement, d’industrialisation, de scolarisation, de formation, etc…
  • Bien gérer votre famille, il vous faut une politique familiale et de gestion, cohérente avec  vos moyens et les objectifs d’émancipation et d’épanouissement des membres de la famille.
  • Faire du sport, alors vous êtes en train de mettre en place votre politique de loisir, de sport ou même de santé car le sport c’est la santé.
  • Ne rien faire ou ne rien dire, alors vous serez surpris d’apprendre qu’on vous attribue la politique de la chaise vide, la politique du silence ou encore la politique de la grande muette.
  • Faire le mort (mort naturelle, suicide ou simulation) , alors vous apprendrez qu’on vous attribue la politique du mort (bien connue par les Camerounais), du fantôme ou tout simplement la politique de l’apocalypse quand la mort est collective.
  • Etc…

Ainsi :

– Le taximan qui choisit de ne travailler exclusivement que sur les 2 ou 3 bonnes routes que compte la ville de Douala, travaille certainement moins que l’autre taximan qui choisit de bousiller sa voiture sur les routes infectes de la capitale économique. Mais au final le taximan des bonnes routes, grâce à sa politique clairvoyante de gestion du taxi, gagne plus que le taximan des mauvaises routes qui va d’ailleurs très vite abandonner le métier, n’ayant pas assez d’argent pour renouveler son taxi.

– Certains des camerounais qui gagnent 36000 Francs CFA/mois, ne parviennent à loger leur famille et même de construire un petit cagibis que grâce à une politique d’organisation et d’investissement très rigoureuse. Cette politique est d’ailleurs très élaborée car il faut le dire, vivre avec 36000 francs CFA/mois à Douala est déjà une épreuve difficile, même si on exclut les frais de logement.

– De même, les bases militaires Françaises en Afrique ou les 10000 soldats Américains morts en Afghanistan ne sont pas des figures de scènes pour apparaitre dans les grands médias. Ce sont des actes politiques ou des actes qui soutiennent une politique d’influence ou d’expansion ou de colonisation.

Pour finir, j’invite tous les Camerounais à chanter l’hymne de la politique car la politique c’est l’action, c’est la vie. Vous entendez tous les jours des personnes de votre entourage vous dire « c’est ma façon de penser, c’est mon mode de vie, ce sont mes principes, c’est ma stratégie, c’est ma tactique, c’est ma vision, c’est mon hygiène de vie, ect, etc… ». En fait ces personnes essayent de vous dire, d’une autre façon, à propos du sujet concerné, que c’est leur politique.

Alors, Camerounais, ne nous défaussons plus. Oui ! nous faisons tous de la politique, n’en déplaise aux thuriféraires du RDPC. Et il faut l’affirmer haut et fort car c’est cette affirmation qui va nous permettre d’assumer nos prises de positions et nos actions pour prendre notre pays en main et améliorer le sort de notre peuple.

Chers Camerounais, si vous ne faites pas la politique, alors la politique va vous faire (vu la situation de notre pays, je ne vous apprends rien). Mais retenez-le et résumons-nous :

  • Si vous refusez de faire la politique, c’est-à-dire d’agir, alors la politique va vous tuer.
  • Et quand bien même vous serez mort, on dira que vous avez fait la politique du mort.
  • Vous voyez bien qu’on ne peut pas échapper à la politique. C’est l’action et c’est la vie.

Douala Ngando

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