Décomplexer l’Afrique et les Africains face aux réalités du monde pour bâtir de réels partenariats au développement

Après la première vague de la covid-19 en 2020 (février-juillet) où l’Afrique était relativement épargnée, la deuxième vague a accéléré les contaminations et la mortalité partout dans le monde et légèrement aussi en Afrique. Néanmoins, des experts continuent d’alerter sur la destruction de l’Afrique, le continent le plus pauvre de la planète, par la covid-19 si les pays riches n’interviennent pas pour “vacciner les Africains”. Cette publication indépendante démontre que l’Afrique ne traverse pas une urgence sanitaire absolue comme les pays d’Europe ou d’Amérique, et certains pays d’Asie. Par ailleurs, l’Afrique démontre ses capacités à faire face cette pandémie mondiale, qui n’est que l’une de ses douleurs sanitaires, économiques et sociales.

Introduction

     L’étude menée se base sur les données accumulées depuis le début de mars 2020. Par ailleurs, les données comparatives se basent sur les principaux espaces de dialogue mondial : les pays du G7, les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine, mais nous avons exclu la Chine présentant un caractère bien singulier pour cette étude), l’AMACITAS (les huit pays émergents retenus pour former le G20 et dans lesquels l’Afrique du Sud rejoint les pays les plus proches sur l’axe du développement). L’angle retenu est celui de la lutte contre la covid-19 et les caractéristiques propres de chaque pays en rapport avec le potentiel du développement (population, superficie, densité démographique).

     1- Les références des évolutions comparées entre les pays les plus riches et le reste du monde

      L’étude que nous proposons est unique dans le monde. Elle s’appuie sur les données accumulées depuis le début de la pandémie et organisées dans notre Panel100. Elle poursuit un unique objectif d’éclairer les décideurs et les citoyens de tous les continents à partir des résultats sur la pandémie créée par le coronavirus SARS-COV2 (Severe Acute Respiratory Syndrome – COronaVIrus Disease 2019). Ensuite, nous nous interrogeons sur les capacités potentielles des pays ou des régions de pays à s’organiser pour faire face aux enjeux du monde actuel et aux difficultés du monde à venir. La démographie et son évolution, ainsi que l’espace physique d’évolution seront parmi les facteurs déterminants.

    Les pays émergents constituent aujourd’hui la principale source de menace des anciens pays industrialisés historiques. La Chine figure parmi ces pays, mais elle n’a pas été retenue dans cette étude faisant intervenir les données sur la covid-19. Les BRIC, quatre pays les plus avancés des émergents, sont présentés. L’Inde est le plus peuplé, avec plus de 10,9 millions de personnes infectées par la covid-19 depuis le début de la pandémie, plus de 155 mille personnes décédées enregistrées Covid-19, mais aussi plus de 10,6 millions de personnes guéries, au 16 février 2021. Le taux de guérison de 97% et environ 113 décès pour un million d’habitants indiquent que la covid-19 est guérissable et que la mortalité relative reste faible, si on la compare avec les autres cause de mortalité. Néanmoins, malgré ces résultats, il apparaît que la densité de 420 habitants au km² peut constituer une difficultés pour faire face efficacement à la demande sociale. L’Inde reste alors un pays en tension en raison de sa démographie. Mais, les dirigeants Occidentaux ne lui adressent pas les mêmes injonctions que l’Afrique. Il en est de même pour le Pakistan voisin, où la mortalité n’atteint que 56 décès par million d’habitants avec un taux de guérison face à la covid-19 de 93%. Mais, la densité de 250 habitants par km² est un obstacle à l’accélération du développement économique et sociale pour toute la population. Pour les autres pays du groupe AMACITAS, une alerte sanitaire s’adresse au Brésil avec une forte mortalité de 1.113 décès par million d’habitants, le Mexique (1.355), l’Argentine (1.103), l’Afrique du Sud (815) et la Russie (555), pour les plus de 500 décès par million d’habitants. En revanche, la pression démographique, au-delà de deux fois la densité démographique française (100 habitants/km²) semble s’exercer sur l’Inde et la Corée du Sud. L’Indonésie (144) et la Turquie (108) n’y sont pas particulièrement confrontées.

     En revanche, les pays du G7 (hors Europe) se distinguent entre les États-Unis (1.509 décès covid-19 par million d’habitants et un taux de guérison faible de 65%), alors que le Canada voisin atteint 93% de taux de guérison et 566 décès par million de ses habitants.  De même, le Royaume-Uni a largement franchi la barre de 118 mille décès avec 1.711 morts par million d’habitants et seulement 55% de taux de guérison, alors que le Japon est parvenu à contenir la covid-19 avec 26 décès par million et un taux de guérison de 84%. La densité démographique du Japon est de 335 habitants/km² contre 275 habitants/km² au Royaume-Uni. Ce sont donc les politiques publiques de santé mises en œuvre qui distinguent ces différentes puissances du G7 comme des pays émergents du G20. Cependant, au Royaume-Uni comme au Japon, la pression démographique est bien réelle, soit au-delà de deux fois la densité en France. Ce sont deux pays n’appartenant pas à un espace économique et politique intégré, puisque le Royaume-Uni est déjà sorti de l’Union européenne. Les autres puissances pourront-elles exercer une pression pour réduire leur démographie ! Bien sûr que la réponse est non.

Présentation comparée de la situation sanitaire covid-19 et les éléments démographiques des pays du G7, des BRIC (sans la Chine) et le groupe AMACITAS au 16 février 2021. L’on voit que le taux de guérison est bien fonction des politiques de santé publique selon les pays. De même, le problème de développement ne se pose pas, tant dans les pays émergents que ceux du groupe G7, malgré les pays à forte pression de population (Inde, Indonésie, Corée du Sud, Japon et Royaume-Uni) et les pays submergés par la pandémie du covid-19 (États-Unis, Mexique, Brésil, Russie, Afrique du Sud, Argentine et Canada), bien au-delà de la situation africaine globale

     S’agissant de l’Union européenne, elle présente des contrastes. Le départ du Royaume-Uni lui arrache une population de 67,9 millions d’habitants et la ramène à une bien faible population de 447 millions d’habitants, soit environ 1,13 fois la population de l’Afrique Occidentale, et 32% seulement de la population de l’Inde ou le tiers -33%- de la population totale de l’Afrique. Sur 27 pays actuels de l’Union européenne, seules la France et l’Espagne, ainsi que le Danemark avec ses terres polaires du Groenland, franchissent la taille d’un demi-million de km² de superficie. Aussi, la superficie totale de l’Union européenne de 6,43 millions de km² est plus petite que celle de l’Afrique du Nord  (8,93 millions de km²) et de l’Afrique Australe (6,58 km²). Elle équivaut à 21,2% de l’Afrique entière. Ces ordres de grandeur incitent plus au partenariat et à la coopération plutôt qu’à la compétition et aux conflits, tant au sein même de l’Europe qu’à cette même Union européenne dans le monde d’aujourd’hui.

     Face à la pandémie de la covid-19, l’Allemagne obtient 91% de taux de guérison avec néanmoins 794 décès par population d’un million d’habitants, quand la France affiche 7% avec 1.235 décès ; l’Espagne atteint 77% de taux de guérison et 1.411 décès ; l’Italie affiche 82%, mais après 1.558 décès ; et la Belgique bat le record européen avec 1.873 décès par million d’habitants et 7% de taux de guérison. Au total, quatre pays parmi les plus petites contributions démographiques n’ont pas atteint 500 décès par million d’habitants : le Danemark (398), l’Estonie (383), Chypre (186) et la Finlande (130). La mortalité très élevée dans les autres pays remonte la crise sanitaire globale à 1.162 décès par millions d’habitants. Par ailleurs, quatorze sur vingt-sept États de l’Union européenne ont déjà franchi le repère de 100 habitants par km². Soit plus de la moitié des États. Avec une population proche de celle des États-Unis (331 million), mais une superficie équivalent à 65,4% de ceux-ci, l’Union européenne est clairement sous tension démographique avec une densité dépassant 200 habitants/km² en Allemagne (234), aux Pays-Bas (413), en Belgique (378), en Italie (201), et dans les petits pays du Luxembourg (242) et Malte (1.628). Aussi, la densité démographique moyenne européenne est de 70 habitants/km² lorsque celle des États-Unis est de 34, et que celle de l’Afrique est de 44 habitants/km².

Présentation comparée de la situation sanitaire covid-19 et les éléments démographique au sein des pays de l’Union européenne au 16 février 2021. Le taux de guérison moyen est de 62%, avec de faibles résultats en France, en Belgique, en Irlande ou encore à Chypre. L’Union européenne pourrait être confrontée à un double défi sanitaire et démographique dans certains de ses pays membres. L’intégration européenne devrait être approfondie dans les politiques sanitaires, économiques, sociales et de la redistribution démographique.

Dans les deux évolutions comparées, nous retenons la progression de plusieurs indicateurs suivis sur quatre mois :
1° – l’évolution du nombre de cas testés positifs dans le pays,
2°- l’évolution du nombre de décès par ou avec le covid-19 enregistrés au cours de chaque période de quatre mois,
3°- l’évolution du nombre de personnes guéries et enregistrées,
4°- l’évolution des personnes testées positives et reconnues malades ou asymptomatiques entre les deux vagues covid-19,
5°- la progression de la proportion des personnes contaminées par population d’un million pour chaque pays,
6°- la progression de la proportions de personnes contagieuses encore malades ou asymptomatiques, ramenées à la population d’un million d’habitants par pays,
7°- la progression de la proportion des personnes décédées par ou avec le covid-19, ramenées à une population d’un million pour chaque pays.

2- Les évolutions comparées des pays africains en février 2021

      2-1. L’étude distingue les pays par région. Nous présentons le cas de l’Afrique du nord arabo-musulmane.

L’Afrique du Nord s’étend sur 8,93 millions de km² avec 251 millions d’habitants. Certes le désert du Sahara occupe une grand partie de cette région, mais avec une densité de 28 habitants/km², l’espace restant peut être valorisé par de multiples activités économiques. Par ailleurs, c’est dans le désert qu’est exploité le pétrole en Algérie et en Libye.

     Malgré la situation très tendue en Tunisie, en Libye et au Maroc, la mortalité reste inférieure à 1000 décès par million d’habitants (et atteint une moyenne régionale 134 décès). Le taux de guérison de 87% est porté par les 96% du Maroc et de la Mauritanie. L’Algérie peine à atteindre 80%. L’Égypte est le seul pays à devoir s’interroger sur la pression démographique avec 102 habitants/km² contre 100/km² en France. Mais, la présence du désert peut interroger sur la redistribution de la populations et des activités économiques afin d’assurer le progrès économique et social à tous. Néanmoins, les pays ne sont pas soumis à une pression démographique pour appeler  les grandes puissances de notre monde au secours.
 

  2-2. En Afrique Occidentale, la situation est encore plus claire. Le nombre moyen de décès enregistrés covid-19 est de 12 morts par million d’habitants. De même, les superficies du Nigeria, du Niger et du Mali dépassent la valeur de 500.000 km², mais la densité moyenne reste inférieure à 100 habitants. Seul le Nigeria peut interroger sur l’expansion démographique avec la plus forte démographie du continent et la plus forte densité de la région. Les autres pays, hormis la Gambie, et dans une moindre mesure les îles du Cap-Vert, le Togo et le Ghana, ne posent pas de souci particulier de surpopulation. Tous les pays disposent des ressources pour se développer, soit de façon autonome pour accroître la capacité de chaque État, soit grâce à des échanges renforcés au sein de la CEDEAO. Ils ont démontré la capacité à combattre le covid-19, avec des taux de guérison de plus de 80% dans presque tous les pays (sauf au Mali, au Bénin et en Sierra Leone) au 16 février 2021.

De nombreux Pays de l’Afrique Occidentale ne connaissent pas une situation sanitaire critique comme cela est observé en Europe et en Amérique. Hormis le cas particulier du Cap-Vert, le nombre de morts enregistrés covid-19 par million d’habitants reste inférieur à 100. Huit pays n’ont même pas dépassé 10 décès.  Il convient de constater que, même dans les pays occidentaux où diverses campagnes de vaccination ont démarré en décembre 2020, la mortalité continue de s’accroître vertigineusement. Les efforts sont donc dans le traitement précoce des personnes infectées. Enfin, il n’apparaît aucun obstacle pour que les pays de cette région puissent se prendre en charge et bâtir leur propre développement.

          2-3. En Afrique Orientale, l’on observe que la situation n’est pas fondamentalement différente de celle de l’Afrique Occidentale. Les résultats sur les Îles Seychelles sont liés à la taille de l’archipel et une population très réduite (environ 100.000 habitants, l’équivalent d’une petite ville de province en France). Pour les autres pays, la mortalité atteint moins de 100 décès pour un million d’habitants. La région présente clairement quelques pressions démographiques au Rwanda (492 habitants/km²), au Burundi (427 habitants/km²) et dans une moindre mesure en Ouganda (189 habitants/km²), alors que les voisins du Kenya (93 habitants/km²), de la Tanzanie (63 habitants/km²), du Soudan du Sud (18 habitants/km²) ou même la R.D. Congo (38 habitants/km²) en Afrique Centrale, affichent des situations favorables. Il est alors clair que la consolidation de l’intégration régionale ne peut ignorer la question démographique, et que les problèmes africains doivent trouver leurs solutions en Afrique par les Africains eux-mêmes. La crise sanitaire étant résolue par les tests massifs pour détecter la maladie, le confinement temporaire des malades pour les prendre en charge et les accompagner vers la guérison, et le traitement des malades en milieu hospitalier avec tous les médicaments disponibles, la suite est la construction de vrais projets de développement par des Africains eux-mêmes. La crise sanitaire a démontré que les Africains doivent compter, comme d’autres peuples dans le monde, d’abord sur leurs propres ressources naturelles, économiques et humaines pour s’en sortir. La crise actuelle qui a frappé tous les pays du monde se révèle être une crise du développement et de la confiance dans leurs propres compétences pour les Africains. Ils ont appris et compris qu’ils ne doivent plus continuer à mendier l’aide extérieure alors que les ressources sont placées sous leurs pieds ou devant leurs yeux. Puisque l’Éthiopie atteint 97% de guérison, le Rwanda présente 88%, le Kenya affiche 83% et Djibouti peut être fier de 98% de taux de guérison, il n’est pas justifié que les autres pays n’atteignent pas les mêmes résultats s’ils s’en donnent l’ambition. Cette crise devrait accélérer les politiques d’intégration des peuples sur les bases économiques, sociales, sécuritaires et démographiques. Le Kenya a ouvert la porte et les bras en accueillant tous les ressortissants de l’East African Community comme les citoyens à part entière de ce pays. Une nouvelle Afrique va enfin se développer.

Les  mauvais résultats sont enregistrés au Rwanda (+532% de progression sur la mortalité entre novembre et février 2021) et en Ouganda (+149%), mais le niveau de la mortalité reste très inférieur à 100 morts par million d’habitants. Grâce à la baisse du nombre de malades en Éthiopie (-55% entre novembre et février 2021) et au Kenya (-17%), deux des trois pays les plus peuplés de la Région avec la Tanzanie, l’Afrique Orientale affiche une baisse moyenne de -2% sur les malades, alors que la mortalité moyenne de la région est de 15 décès par million d’habitants. S’agissant de la pression démographique, la solution n’est pas dans la réduction de l’accroissement des populations, puisque la densité moyenne régionale n’est que de 76 habitants/km², mais dans la redistribution au sein de l’espace régional intégré des onze pays continentaux.

S’agissant de la pandémie de la covid-19 en Afrique,Tester, IsoleretSoigner avec les médicaments actuels ou à venir (TIS), pourront tout à fait suffire pour enrayer la pandémie, sans recourir à des coûts trop élevés de la vaccination si le bénéfice sensible n’est pas démontré. Les traitements qui ont fait leurs preuves existent. Les pays ne sont donc pas en situation critique d’urgence sanitaire pour la vaccination, et les ressources disponibles pourraient servir aux projets de développement. Cependant, si le vaccin “officiel” reconnu s’avère une solution sûre, efficace et accessible, les personnels de santé et les personnes fragiles pourraient en bénéficier. Mais, pour éviter la crise économique et alimentaire dans la crise sanitaire, les États investissent dans les traitements et les ressources financières pour aider les populations contre le défaut de soins médicaux, la malnutrition et la famine. Il convient de rappeler que le vaccin n’est pas un médicament, et qu’il ne soigne donc pas. Pour l’heure et avec les différents vaccins disponibles, ils constituent un moyen de prévention contre les risques d’aggravation de la maladie, pour que le corps humain vacciné puisse rapidement et efficacement créer des anticorps pour se défendre lui-même.
 

#ctaText??#  Afrique : La vidéo qui inquiète tous les présidents africains

     2-4. L’Afrique Centrale est également dans une situation tout à fait comparable à celles des régions voisines, en ce qui concerne le ralentissement des contaminations et de la mortalité lors de la 2e vague. La mortalité globale dans la région est de 11 décès par million d’habitants. La R.D. Congo affiche le plus faible taux guérison de 64%, mais les autres pays sur les terres continentales de la région affichent plus de 80%. Nous sommes loin des situations dans des pays comparables en Amérique latine. C’est l’effet accru de la prise en charge et le traitement des malades avec les médicaments existants. C’est dans cette voie qu’il conviendrait de poursuivre. La région est posée sur une terre des plus bénies du monde, avec toutes les variétés des ressources stratégiques rares. Elle dispose ainsi de tous les moyens pour se développer. Même en écartant la zone de la forêt équatoriales impénétrable et indispensable à la vie de l’humanité, même en réduisant la terre habitable au tiers des terres de la région, la densité démographique moyenne se serait que de 81 habitants/km². Il n’existe donc pas de problème de pression démographique en Afrique Centrale. Et si les peuples maîtrisent le traitement de la covid-19, il ne restera que la lutte pour le développement économique et social pour tous les peuples de la région. Tout est disponible pour relever les défis.

En Afrique Centrale des huit pays, aucun n’atteint une mortalité de 100 décès pour un million d’habitants contre plus de 1.000 dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique. Seuls les pays peu habités, tels que Sao Tome et Principe, Guinée Équatoriale, Gabon et Congo dépasse le seuil de 20 morts par million d’habitants. Globalement, la progression régionale entre novembre et février 2021 est de 44%, pour une mortalité moyenne de 11 décès. Cette région, sur la base de ces données publiées, est loin d’une situation d’extrême urgence sanitaire, notamment car les autres causes de mortalité (Paludisme, choléra, Ebola, insuffisance d’accès aux soins, etc) provoquent des fléaux dans les populations. Pour lutter et vaincre toutes les épidémies dans la région, la solution se trouve dans la Paix durable et la sécurité pour tous, l’éducation performante à tous les niveaux, la sécurité médico-sanitaire et alimentaire pour prévenir contre les épidémies locales, les infrastructures de désenclavement des territoires, et les industries manufacturières pour valoriser d’immenses ressources.

     2-5. L’Afrique Australe a été particulièrement frappée par la deuxième vague de la covid-19. La proximité avec l’Afrique du Sud, principal foyer des contaminations et de la mortalité en Afrique, n’est pas étrangère la dégradation de la situation dans cette grande région de plus de 214 millions d’habitants. Les hausses importantes des contaminations (+735.294) et de la mortalité (+28.468) sont enregistrées en Afrique du Sud.  Ses plus proches voisins : Eswatini (+442% sur la mortalité), pays coincé entre l’Afrique du Sud, la Namibie (+193% sur la mortalité), le Mozambique et le Zimbabwe (+457% sur la mortalité), ainsi que le Botswana (+737%) au nord et nord-est de l’Afrique du Sud, le Lesotho (+477%), situé à l’intérieur de l’Afrique du Sud. Tout traitement des habitants de l’Afrique du Sud devra être étendu à leurs voisins indiqués. La région de l’Afrique Australe est la seule qui atteint une progression de +153% dans la mortalité, avec une moyenne régionale de 256 morts par million d’habitants, tirés vers le haut par l’Afrique du Sud, contre 74 décès pour la moyenne du continent africain. Cependant, les espoirs demeurent, car les taux de guérison se sont également accrus. Malgré la plus forte mortalité de 815 morts par million d’habitants, l’Afrique du Sud atteint un taux de guérison de 93%. Ensuite, l’Angola (93%), le Madagascar (97%), la Zambie (90%), la Namibie (94%), ou encore l’Île Maurice (92%) approchent de rares scores très encourageants de guérison dans la lutte contre cette pandémie. Les pays pauvres de la région restent en retrait : Malawi (50%), le Mozambique (62%), le Lesotho (29%). Ils devraient recevoir la solidarité de leurs voisins pour lutter efficacement contre cette pandémie. Tous les pays de cette belle région sont dotés de ressources naturelles immenses et des terres agricoles, malgré une partie occupée par le désert du Kalahari, pour se relancer après la crise sanitaire. Sept sur treize pays dépassent la taille de 500.000 km², avec une charge démographique très faible. En dehors des petites îles surpeuplées : Maurice (682 habitants par km²), Comores (333 habitants/km²), et le Malawi encore pauvre avec 161 habitants/km², les autres pays disposent de très vastes étendues pour leur expansion démographique. La densité régionales moyenne n’est que de 33 habitants/km². Le problème de pression démographique ne peut donc nullement être évoqué comme un quelconque frein au développement. Les Africains sont alors confrontés à leurs capacités à s’approprier et exploiter pour leur développement économique et social, les ressources naturelles, agricoles et humaines. Ils en sont tout à fait capables, comme vient de le démontrer leur lutte contre la pandémie de la covid-19, sans aide extérieure significative en dehors de la fourniture et la logistique des équipements de base pour la protection et les soins.

 L’Afrique Australe est centrée sur l’Afrique du Sud, qui pèse 28% de la population régionale et deuxième puissance économique du continent après le Nigeria. Mais, c’est également le pays le plus ravagé par la covid-19 en Afrique. Avec 4,5% de la population du continent, l’Afrique du sud contient 40% des personnes contaminées et enregistrées covid-19 ainsi que sa progression sur le continent, 49% des décès covid-19 et 53% de la progression de la mortalité covid-19 en Afrique. Elle atteint les proportions connues dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique latine. Le pays et les pays voisins de la Région, contaminés par les mouvements des populations, requièrent alors les mêmes attentions que les autres pays du monde fortement assiégés par la pandémie covid-19 en Europe et en Amérique latine. L’Afrique Australe connaît une situation singulière en Afrique subsaharienne dans les contaminations. Ne serait-il pas une occasion de repenser l’autonomie des Africains pour se prendre en charge.

   3. Conclusion

     Le monde entier est confronté à la même pandémie du virus de la covid-19. Nous avons exploré les situations dans chacune des puissances économiques les plus avancées par rapport aux pays africains. Dans les pays du G7 (États-Unis, Canada, Japon,  Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie), des BRIC (Brésil, Russie, Inde et la Chine non incluse dans l’étude) et plusieurs pays des AMACITAS (Argentine, Mexique, Australie, Corée du Sud, Indonésie, Turquie, Arabie Saoudite et Afrique du Sud), nous avons observé une situation sanitaire très préoccupante face à la covid-19, avec des contaminations et un niveau de mortalité très élevés. Comme si le niveau élevé atteint du développement et du confort de vie fragilisait les corps des personnes pour les rendre vulnérables à toute attaque virale. De même, l’espérance de vie dans des pays développés crée une population de plus en plus âgée, dont une part des plus avancés en âge devient plus fragile face à la pandémie. Cette dernière a donc emporté de nombreuses vies de plus de 80 ans. En Afrique où la moyenne d’âge de la population se situe entre 19 et 20 ans, la proportion des personnes âgées de plus de 80 ans est infiniment plus faible qu’ailleurs dans le monde. Cette structure démographique est l’une des explications de la faible mortalité enregistrée des Africains face à la covid-19. Une étude plus approfondie de la mortalité par classe d’âge pourrait alors montrer que la covid-19 aurait autant sévi en Afrique que dans le reste du monde au sein des mêmes classes d’âge plus jeunes. Mais, l’Afrique n’est ni un “pays“, ni une “région homogène” ; c’est un continent avec des interrelations entre ses cinq régions, réparties sur des superficies comparables. Ce sera la cohésion interne solide des pays au sein de chaque région, qui garantira le développement de la région, et donc de tout le continent face au reste du monde. C’est le rôle assigné aux dirigeants et aux peuples exigeants de chaque région. Il appartient ensuite à une organisation continentale (AU) de coordonner ces énergies.

     Cette étude, loin de donner des explications sur la résistance des Africains face à la covid-19, fournit une photographie de l’état du monde face à cette pandémie au 16 février 2021, et tente d’interroger l’avenir du monde de demain sur les bases démographiques. L’Afrique serait-elle surpeuplée et cette forte pression démographique serait-elle la source de son défaut de développement économique et social ? La réponse est alors bien clairement, Non. Globalement, l’Afrique aurait-elle été plus touchée par la pandémie de la covid-19 par rapport au reste du monde ? La réponse est également clairement, Non. Cette affirmation tient compte de toute la population des pays, toutes les classes d’âges confondues. Il en découle que les campagnes vaccinales ayant été concentrées sur les personnes de plus de 75 ans et des personnels soignants exposées aux contaminations des malades qu’ils reçoivent, ces populations deviennent très peu nombreuses en Afrique. Elles seraient réduites à quelques dizaines de milliers de personnes par pays. Les efforts des États africains consistent alors à développer les traitements pour soigner tous les malades. L’on a observé que dans de nombreux pays, les taux de guérison sont très élevés, car les populations soignées sont majoritairement jeunes et se remettent très vite. La recommandation principale demeure alors : Tester le plus grand nombre possible de personnes, Isoler rapidement les personnes contaminées et concentrer les efforts dans les Soins apportés aux malades, puisque plus de 80% guérissent très vite.

     Enfin, le problème qui se pose devient : quelle est la capacité des Africains à bâtir les bases propres, solides et durables du développement économique et social ? Nous avons écarté les alibis de la pression démographique en comparaison avec les autres pays (G7, BRIC, G20) plus avancés. Nous observons que la population de l’Afrique de l’Ouest, la plus peuplée du continent africain (397 millions d’habitants sur 5,116 millions de km², soit 76 habitants/km²) est comparable à celle de l’Union européenne (477 millions d’habitants sur 6,433 millions de km², soit 76 habitants/km²). Mais, l’Union européenne est mieux équipée industriellement et mieux intégrée économiquement plus que l’Afrique Occidentale et que toute autre région de l’Afrique. Alors que l’Union européenne est encadrée par les mers, la Russie et l’Asie, et qu’elle n’a pas d’espace d’expansion démographique, l’Afrique Occidentale dispose des potentiels d’expansion démographique en Afrique Centrale. Nous écartons le défaut de ressources car l’Afrique Occidentale, comme l’Afrique Centrale, est dotée d’immenses ressources énergétiques, minières, d’immenses étendues de terres agricoles et de forêts, de l’eau en abondance et des ressources humaines encore très jeunes pour développer cette région. Le défaut de développement est donc lié à celui du manque de vision et d’ambition des dirigeants et des peuples pour sortir de la misère et de la pauvreté. Puisse la pandémie de la covid-19 apporter cette leçon : compter sur ses forces et ses ses moyens propres dans la lutte pour la dignité des peuples.

     Le livre ci-dessous indique les différents leviers pour relancer le développement économique et social. Toutes les universités africaines et tous les dirigeants africains devraient en posséder un exemplaire. Il donne les indications pour se projeter dans l’avenir, et bâtir des projets solides pour 2025. Il n’appartiendra pas à l’ONU ou à d’autres institutions internationales de définir ce que seront les Africains en 2030, mais bien aux Africains eux-mêmes de décrire ce qu’ils sont d’abord aujourd’hui, d’écrire leurs feuilles de route avec des jalons en 2025 et 2030 pour atteindre 2050, et d’unir leurs efforts pour y parvenir. La crise sanitaire et les égoïsmes nationaux ou communautaires dans la distribution des moyens et des vaccins pour combattre la covid-19 auront été une leçon grandeur nature, pour indiquer que chaque pays ou chaque région organisée de ce monde se bat d’abord pour sa population avant de penser au reste du monde.

     Dans nos précédentes publications sur la covid-19, nous avons insisté sur l’importance d’évaluer tous les impacts des décisions politiques et sanitaires dans les pays. Le pays est tenu par ses habitants et ses dirigeants. Toute décision soit être mûrement réfléchie et évaluée. Petits rappels d’économie. En amont, il faut investir dans la recherche et développement, l’innovation technologique et des process, l’enseignement de qualité dans les savoirs et les savoir-faire, la planification stratégique et la roadmap du progrès attendu. Ensuite il faut investir dans les infrastructures supports de l’économie (énergie, voies et matériels de communication, usines et équipements, etc.). C’est après que l’on met en route l’outil de production pour répondre à la stratégie planifiée. Si les pays africains suivent les directives édictées par les puissances industrielles et économiques historiques, ils bloquent ces trois inputs de leurs économies. Cependant, ces puissances devraient comprendre qu’une Afrique économiquement forte, c’est un espace de marché solide, solvable et étendu, un partenaire industriel pour affronter la dureté de la mondialisation. Il faut donc réfléchir aux conséquences avant de décider. La production réalisée, quelle que soit sa nature (agriculture, élevage, transformations industrielles, produits artisanaux, etc.), est ensuite injectée dans les circuits de commercialisation en vue de la consommation. Celle-ci peut être extérieure au pays ou même au continent : elle rejoint les exportations. Elle peut être utilisée dans le pays pour répondre à la demande intérieure, et même rejoindre le process d’autres productions.

     Les économies africaines sont constituées de composantes agricoles à 80% en moyenne (exploitations agricoles et produits directement ou indirectement issus de l’agriculture). En cas de confinement de tout le pays, il convient de mettre en place :
un revenu minimum garanti pour les familles pour éviter les famines et les morts additionnels par malnutrition, tout en préservant les équilibres budgétaires et sans alourdir fortement les finances publiques par un important endettement,
des circuits de distribution alimentaire sûrs et des heures d’accès à ces circuits pour la consommation dans le pays,
un système d’accès aux soins pour poursuivre la prise en charge des malades des autres pathologies et pour traiter avec une grande efficacité les malades de la covid-19,
un circuit d’information publique régulière pour instruire les habitants, annoncer les mesures et les expliquer, partager les résultats des tests, des soins et des décisions dans la transparence,
un programme ajustable et flexible entre confinement éventuel, couvre-feu, restriction des mouvements et de la mobilité dans le pays, des mesures différenciées pour les zones urbaines densément peuplées et des territoires ruraux, des activités fléchées reconnues comme indispensables à la vie des habitants et celle du pays. 

     Un cultivateur qui ne vit que de son champ où il habite et travaille seul ou avec sa famille ne devrait pas être concerné par le confinement à la maison. A l’échelle du pays, on bloquerait toute la production agricole, un maillon amont indiqué de l’économie (l’alimentation contribue à la consommation intérieure et des exportations). Un artisan travaillant dans son atelier, une usine de transformation agricole ou de production de médicament ou de tout autre maillon stratégique pour les modestes économies africaines, n’est pas confiné chez lui. L’obligation de respecter les mesures sanitaires étant indiquée lorsque les artisans, les techniciens, les équipes de production… sont en interaction, les socles de base de l’économie doivent être préservés. A défaut, les pays s’exposent à un enchaînement de crises sanitaires, économiques et sociales, conduisant à la perpétuation du sous-développement, de la pauvreté dans des familles et de la misère dans la population. Aujourd’hui, les Africains méritent beaucoup mieux qu’une nouvelle crise sanitaire importée, qui amplifie les crises structurelles diverses déjà existantes. Mais, cette nouvelle crise étant installée en Afrique, les solutions doivent être produites d’abord par les Africains décomplexés et mentalement décolonisés. Qu’ils agissent selon leurs propres ambitions, leurs propres stratégies de développement, leur situation sanitaire particulière et les ressources disponibles, à commencer par leurs immenses ressources humaines. Le développement économique et social des nations est d’abord le résultat du travail, de l’éducation des générations, de la maitrise des espaces de vie et de la capacité de transformation de toutes les ressources disponibles pour créer des richesses pour les peuples. Le handicap de l’Afrique pour accéder à ce développement est donc d’abord mental. Elle doit alors croire en ses capacités et en ses ressources humaines, et comprendre les enjeux de la mondialisation pour se relancer.

La méthodologie est simple : trois socles de base et trois socles complémentaires indispensables pour développement :
La paix dans le pays et aux frontières, puis la sécurité intérieure, des personnes, des biens et des institutions.
L’éducation de toutes les générations : alphabétisation, éducation scolaire et universitaire, recherche et développement, formation professionnelle, accompagnement et soutien.
La sécurité sanitaire, médico-sociale et environnementale pour l’ensemble de la population du pays.
Les autres piliers sont bien décrits dans l’ouvrage indiqué.

     Sur ces socles de base, posons d’abord un bon diagnostic : Où en sommes-nous ? Quels sont nos besoins (listons-les) ? De quelles ressources disposons pour agir ? En quoi les partenariats avec les forces extérieures pourront-ils nous aider à avancer ? Quels sont les partenaires qui répondent mieux à nos besoins ? Comment allons-nous avancer étape par étape pour atteindre les objectifs fixés ? Comment mesurons-nous nos succès ? Quels sont les retombées sur le progrès dans le pays ? Des indicateurs clés de performance (Key Performance Indicators) ?
Aucun partenaire extérieur ne peut mieux définir les besoins et les solutions des Africains sans le travail en Afrique avec les Africains eux-mêmes. Le livre indiqué ci-dessus donne les détails et des éléments de comparaison dans le monde sur différents piliers, avec des bilans sur les fragilités en Afrique.

     Aujourd’hui, de nombreux Africains savent très bien ce qui leur manque pour bien vivre chez eux ; mais savent-ils vraiment ce qu’ils doivent bâtir au préalable pour atteindre le niveau souhaité de développement économique et social ? La dignité des peuples de se donne pas, elle n’est pas octroyée ou autorisée par les puissances extérieures ; elle se conquiert et se gagne tous les jours.

Emmanuel Nkunzumwami
Écrivain – Essayiste

Source : Nouvelle Dynamique

Facebook Comments
- Publicité -

Plus populaires

Autres actualités

Israël : Ce qu’on ignore sur Naftali Bennett, le remplaçant de Netanyahu

Naftali Bennet est un juif religieux dont la fortune est chiffrée à plusieurs centaines de millions de dollars,...

Cameroun-Urgent : Yaoundé séquestre un journaliste

C'est le site d'information Mimi Mefo Info (MMI) qui a publié l'information ce 13 juin 2021. Le média indique Theodore Mih...

Absence ou présence de Maurice Kamto au Meeting de Paris : Wilfried Ekanga...

Karl Marx disait : " Un spectre hante l'Europe, le spectre du communisme ", et je vais ajouter : " Un spectre...

Cameroun : Paul BIYA pleure à nouveau « sa CAN »

À un peu moins de 7 mois de la tenue de la Grand-messe du football africain, l’incertitude est grande relativement à sa...

Menaces de mort contre Laurent Gbagbo : Christian Vabé met en garde et annonce...

Le rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire Alternative crédible (RPCI-AC) a appris par voie de presse que le Président Laurent Gbagbo serait...
- Publicité -
Facebook Comments
%d blogueurs aiment cette page :