Cameroun : Démarrage du championnat de foot, bras de fer Général Semengue#FECAFOOT

Pour le contrôle de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC), la guerre est désormais totale entre le président déchu de la Ligue, le Général d’Armée à la retraite Pierre Semengue, qui n’entend pas se résigner à son sort, et la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), que dirige le placide mais énergique Seidou Mbombo Njoya, son désormais ennemi juré.

Début du championnat contre poursuite de la préparation ?

C’est ce qu’on appelle un bras de fer (suites sans fin). Illustration de cette guerre que le Général “président” Semengue n’entend plus mener à fleurets mouchetés comme tout bon sportif qui se respecte, mais avec la violence martiale que requiert toute confrontation dont l’enjeu est  l’élimination de l’autre, son pied de nez de vendredi à l’instance faîtière du football camerounais.

En effet, alors que le Comité technique transitoire (CTT) de la LFPC lançait le championnat national de football ce vendredi 18 octobre 2019, le Général qui n’entend pas se plier à la décision qui a suspendu son bureau et l’a remplacé par un CTT, a quant à lui, et comme si de rien n’était, invité les dirigeants de clubs à continuer leur préparation de la saison 2019/2020 dont il situe le démarrage à l’après verdict des instances qu’il a saisies pour contester la mise entre parenthèses de son bureau, synonyme de son  éjection.

En attendant le « rétablissement » de la Justice ?

Ainsi, aux termes du communiqué rendu public vendredi par Pierre Semengue, la saison 2019/2020 « sera lancée aussitôt que la vérité et la justice seront établies conformément aux lois, statuts et règlements en vigueur au Cameroun ». En tout cas, pour lui, il est surtout question que les responsables des clubs ne se laissent pas distraire par ceux qui font de la violation des textes un modus operandi, cela d’autant plus qu’il dit attendre sereinement le verdict des instances juridictionnelles compétentes en la matière saisies par ses soins  aux fins de contrecarrer la modification et l’adoption« illégales » et « anti statutaires » le 26 juillet dernier, des statuts de la LFPC, ainsi que sa suspension abusive, trois jours plus tard, de son bureau.

Opération faire feu de tout… poids historico- politico-militaro- que pour préserver son strapontin

Des faits considérés par le Général Semengue comme un « affront à la notion d’honneur »  dont les militaires sont les dépositaires, à  telle enseigne qu’il ne pouvait pas faire autrement qu’en jetant toutes ses armes dans la bataille pour le maintien en place de son bureau et la conservation de son siège, convoquant au passage, dans une sorte de plaidoyer  pro domo, l’histoire politique et militaire du Cameroun.

Il raconte ainsi dans la lettre d’”Information sur les violations graves des dispositions légales et statutaires par la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT)” adressée à la Secrétaire générale de la FIFA le 27 septembre 2019,  « … LES RAISONS PROFONDES DE CETTE ESCALADE ».

Des raisons profondes qui ont des  origines lointaines qui, elles, « sont politiques morales, et mêmes personnelles. ».

Ces choses que Semengue veut rappeler à Paul Biya via la Sg de la FIFA

« Au plan politique, informe l’officier général le plus gradé de l’histoire du Cameroun qui a de la peine à concevoir qu’il puisse un jour seulement ne pas être aux premières loges, le nommé Aboubakar Alim Konate, désigné président du Comité technique transitoire, nourrit une haine contre le président de la LFPC. Il se trouve que le frère de   Monsieur Aboubakar Alim Konate, le capitaine Konate militaire en service dans l’armée de terre, faisait partie des mutins ayant tenté de prendre le pouvoir lors du coup d’État manqué du 6 avril 1984. Lequel visait à renverser le Président Paul Biya qui venait deux ans auparavant, d’être porté à la tête de l’État du Cameroun. ».

Hello, ici la terre! A son tour, le Général appelle le président à son secours

Pour intéresser à l’affaire son « obligé » Paul Biya, par ailleurs le premier “ampliataire” de sa lettre d’informations, le Général poursuit la relation des « origines profondes » de la haine que lui voue celui qui aurait dû ne pas accepter la responsabilité  de président du Comité technique transitoire de la LFPC, sous peine d’être mis en accusation pour revanchisme sur fond d’intérêt dans l’acte.

On apprend de ce rappel historique que « La justice ayant été saisie de ce dossier a condamné les mutins, à diverses peines ; ce fut le cas du Capitaine KONATE qui a été condamné à cinq ans de prison. Sa mère Madame ALIM, impliquée elle aussi dans ce coups d’Etat, écopa de 20 ans de prison. En ma qualité de Chef d’État-major de l’Armée d’alors, j’avais joué un rôle dans l’évitement de ce coup d’État d’une part et, d’autre part, j’assurais l’exécution des décisions de justice rendues dans le cadre de cette affaire à telle enseigne que des familles m’ont rendu responsable du sort réservé par la justice à leurs parents. C’est le cas d’ABOUBAKAR ALIM KONATE qui ne s’est jamais montré aimable à mon endroit. J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte à plusieurs occasions. »

Une sérénité houleuse

Depuis, le Général attend dans la plus totale sérénité, de connaitre l’écho qu’a reçu sa lettre-plainte. Et invite les présidents de clubs à en faire autant.

Une invite à la sereine attente que des analystes dénoncent à tort ou à raison comme une belle façon pour le militaire dirigeant sportif de 84 ans de créer la cacophonie

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