Camerouniaiseries sur le CHAN : Le Lion Indomptable Jacques Zoua écarté pour avoir réclamé la prime de match

Où est passé le capitaine Jacques Zoua ? La question s’est posée avec acuité mercredi lors du match opposant mercredi soir les Lions indomptables A’ à leurs homologues maliens.

A cette question, les officiels se sont débrouillés pour trouver une réponse arrangeante qu’ils ont fait circuler à travers la feuille de match au cours de la deuxième mi-temps : Jacques Zoua avait été blessé. Quand et où ? On n’en saura rien, jusqu’à ce que le pot aux roses soit dévoilé : celui que l’on avait présenté comme l’atout-maître du Cameroun à cette compétition du fait de son expérience dans le foot professionnel en Europe(*), a été purement et simplement écarté  de la sélection pour avoir réclamé la prime de victoire du premier match face au Zimbabwe que ses coéquipiers et lui avaient remporté en ouverture samedi, permettant à la sélection du Pays Organisateur de démarrer la compétition en fanfare.

L’information sur la blessure du jeune footballeur a d’autant moins convaincu grand monde que depuis le premier match contre le Zimbabwe, Jacques Zoua s’est régulièrement entraîné avec les autres, et se trouvait à leurs côtés pendant la rencontre avec la presse mardi, veille du match contre le Mali.

Cameroonvoice apprend que le feu couvait depuis sous la cendre, car Jacques Zoua avait menacé de quitter la tanière bien avant le début de la compétition. Vraisemblablement parce que pas du tout rassuré pour les primes et rémunérations.

Chassez le naturel…

C’est reparti avec les mauvaises habitudes qui ont la peau décidément très dure.  Même pour une compétition organisée sur son territoire sur un air de défi, voire de victoire sur “les ennemis de l’intérieur”, le Cameroun a du mal à se départir de ces façons grâce auxquelles le pays de Paul Biya a réussi à s’établir une réputation peu recommandable de pays où l’on marche sur la tête.

Il y a d’abord eu la lumière qui, à force de clignoter et de griller les appareils dans la journée de samedi, 16 janvier, jour du lancement du Championnat d’Afrique des Nations, a fini par foutre définitivement le camp autour de 22 heures dans de nombreux quartiers des grandes villes –inutile d’évoquer les cas des villes dites de moindre importance- pour n’être rétablies que le lendemain dimanche à 18 heures.

Mais les Camerounais y sont habitués. Si ailleurs on compte le nombre de fois en 50, voire 100 ans, où une catastrophe de grande ampleur a conduit à une coupure de lumière assez vite solutionnée, au Cameroun, on compte sur les doigts d’une main le nombre de rares fois où la lumière n’a pas été coupée deux à trois fois au cours d’une journée. 

Ce à quoi ils sont encore plus habitués, ce sont les réclamations bruyantes et grincements de voix dans les vestiaires de leurs représentants dans le monde sportif en général et sur la planète football en particulier.

…il revient au galop

Pour ce qui est du football en l’occurrence, on sait qu’ici même les représentantes du Cameroun, c’est-à-dire les joueuses de l’équipe nationale de football féminin  en ont-elles aussi après les dirigeants du foot camerounais pour leurs primes. Parler de leurs collègues masculin c’est carrément se donner une peine inutile avant de rentrer dans une habitation qui n’a pas de porte : les Lions Indomptables représentant le Cameroun à la dernière CAN en Egypte ont dû crécher à la belle étoile ou dans les couloirs d’un hôtel pendant au moins 24 heures avant qu’on leur trouve des chambres. Une récompense amère pour ces athlètes qui, l’édition précédente venaient de gratifier leur pays d’un cinquième titre, inspirant au passage au président de la République la célèbre blague « On les a mis dans la sauce » (lisez : « On les ja mis dans la chauche »).

Les mauvaises consciences appelées aussi « oiseaux de mauvais augure » par les valeureux « patriotes » qui “aiment le Cameroun plus que tout”, l’avaient vu venir : le CHAN camerounais allait faire déchanter par bon nombre de ses aspects. Ils ne s’y sont pas trompés, malgré les victoires en trompe-l’œil qui sont des exploits d’une jeunesse sportive véritablement patriote et déterminée,et non le fruit d’une élaboration de leurs aînés plutôt pathologiquement je-m’en-foutistes.

(*) Après ses débuts au Coton Sport de  Garoua a aussi évolué dans les rangs du FC Sion suisse, du FC Bâle toujours en Suisse, puis au Hambourg SV en Allemagne avant d’être prêté pour la saison 2014-2015 au club turc de Kayseri Erciyesspor. Il a également fait un tour  au Gazélec Ajaccio en France.  Sans club depuis la fin de son contrat avec Astra en Roumanie, il suspend sa carrière pro en fin d’année dernière e signe un contrat type retour à la maison avec  le Coton Sports de Garoua. Champion de Suisse en 2010, 2011, 2012 et 2013, Vainqueur de la Coupe de Suisse en 2010 et 2012, Jacques Zoua Daogari est aussi Vainqueur de la CAN 2017.

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