Le niveau de transparence budgétaire des pays d’Afrique est globalement peu reluisant. Seulement 16 pays affichent un niveau satisfaisant selon cette étude. On y retrouve principalement les pays de culture anglo-saxonne d’Afrique. Il y en a de l’Afrique Australe, quelques-uns du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. Le document apprend également que 12 pays font des progrès significatifs dans ce sens. Le Cameroun n’est naturellement pas dans la liste de ces pays dont l’avenir est prometteur de ce point de vue. Le pays de Paul Biya n’affiche « aucun progrès significatif » en matière de transparence budgétaire comme 25 autres pays. La position classement du Cameroun amène interroger les multiples discours et actions du régime Biya souvent porté à refléter tout le contraire.
Depuis 2005, le Cameroun s’est doté de l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF) pour favoriser un climat de transparence dans les marchés au Cameroun. L’année d’après il a été institué l’Opération Épervier ; une vaste opération judiciaire initiée dans le cadre de la lutte anti-corruption au Cameroun. La chambre des comptes de la Cour suprême du Cameroun est également investie d’une mission de contrôle de la transparence dans la gestion des biens publics. Cette étude vient juste confirmer que ces entités n’ont rien changé à la situation de la corruption au Cameroun. L’actualité le confirme si bien.
La presse a récemment publié une synthèse du rapport de la Chambre des comptes sur la gestion du Fonds spécial de solidarité nationale contre le coronavirus. Une synthèse qui n’a pas été démentie par la Chambre des comptes et qui souligne les nombreux manquements dans la gestion de ce fonds de 180 milliards de francs CFA, par les ministères camerounais de la Santé, de la Recherche et des Finances. Plusieurs autres départements ministériels ont été imputés d’attribution de marchés fictifs, qui vont à l’encontre des procédures légales ; un vaste scandale financier qui a été baptisé Covidgate, et dont l’issue est toujours un mystère à ce jour après un étouffement de l’affaire.
L’organisation de la CAN 2019, qui avait été retirée au Cameroun, avait également été e théâtre de ces mégérances financières. De nombreux ministres avaient retardé le démarrage des travaux pour passer en urgence des dizaines de marchés à des entreprises qu’ils contrôlent et qui sont dirigées par leurs proches. A titre d’illustration, sur 51 marchés de la CAN 2019, 41 ont été passés de gré à gré. On est bien parti pour un niveau de transparence le plus irrémédiable du monde, ce d’autant qu’une longue d’anciens collaborateurs de Paul Biya sont actuellement derrière les barreaux pour gestion frauduleuse des biens publics.

