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RDC : Joseph Kabila traîné en justice

Une plainte vient d'être déposée à la Cour constitutionnelle contre l'ancien président congolais accusé de mauvaise gestion pendant 18 ans à la tête de la République Démocratique du Congo.

C’est le Pasteur Mukuna qui a saisi la justice contre l’ancien Président Joseph Kabila, avec 10 dossiers à charge contre le mis en cause. Jamais personne au Congo n’avait osé ponté directement le doigt sur l’homme d’Etat. L’inédite dénonciation de l’évêque a été annoncée sur Twitter par l’avocat au Barreau de Lubumbashi et Président National de l’ Association africaine de défense des droits de l’Homme (ASADHO).

Cette plainte déposée personnellement par Pascal Mukuna, à la fois évêque d’une église évangélique tout récemment devenu président de l’Eveil patriotique (plateforme citoyenne qui ambitionne de poursuivre en justice les principaux auteurs de la mauvaise gestion des affaires publiques en RDC). Dans la mosaïque des griefs retenus par l’homme de prêche il y a « les massacres des adeptes de Bundu dia Kongo dans le Kongo-central » en 2008; le décès en prison d’Armand Tungulu, après avoir jeté des pierres sur un cortège de Joseph Kabila, le 30 septembre 2010; l’assassinat du défenseur des droits de l’Homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana dans les locaux de la Police nationale, le 1er juin 2010; « les massacres de jeunes kulunas (NDLR: bandits) à Kinshasa par la Police nationale dans l’opération Likofi » en 2013; les fosses communes de Maluku (Kinshasa) où, en mars 2015, avaient été découverts 421 corps par des villageois;

« les massacres de Mwanza Lemba dans le Kasaï » lors des opérations militaires contre l’insurrection Kamwina Nsapu, en 2017; d’autres « massacres et fosses communes dans le Kasaï » entre décembre 2016 et mars 2017; l’ « assassinat de deux experts des Nations unies » venus enquêter sur ces massacres en 2017; l’ « assassinat des manifestants et incendies des sièges des partis politiques » de septembre 2016 à Kinshasa, lors des protestations contre les projets de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin légale de son second mandat en décembre 2016; « l’assassinat de plusieurs personnes lors des manifestations organisées par le Comité laïc de coordination », à la sortie des messes, en 2018, pour exiger des élections régulières et le départ de Joseph Kabila. A en croire le plaignant ces dix cas ne sont cités qu’ « à titre illustratif. Il est possible de trouver plus de crimes que ceux mentionnés sur cette liste » et qui devront faire l’objet d’une approfondie selon l’article 164 de la Constitution .

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Pascal Mukuna était jusque-là classé dans le camp des kabilistes. Une considération qui a changé au Congo depuis la création en janvier d’Eveil patriotique qui s’est fixé pour premier challenge de dissoudre l’alliance FCC (coalition kabiliste)/Cach (alliance entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe). Daniel Ngoy Mulunda, L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante et proche de Kabila, n’y voit pas moins qu’un acte de jalousie et d’ingratitude qui fera face à une réplique similaire.

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