Du haut de ses 31 ans, Mohamed Mbougar Sarr entre dans l’histoire comme le plus jeune récipiendaire de ce prestigieux prix littéraire, bien plus; le premier ressortissant africain à gravir cet échelon. Ce d’autant qu’il a déjà à son actif 4 romans de qualité dont « La Plus Secrète Mémoire des hommes » a été gratifié ce 3 novembre 2021 du prix Goncourt. Si nombre de médias ont reconnu la singularité de l’homme, il n’en manque jamais sous le ciel français pour livrer des commentaires colonialistes à l’endroit de celui qui prend la suite du Français Hervé Le Tellier (Prix Goncourt 2020 avec L’Anomalie).
Il est en effet regrettable que sur certaines antennes comme celle de France Culture, on ait fièrement déclaré que le prix Goncourt 2021 a été attribué à l’Afrique sub-saharienne . C’est aussi stupide que de dire que les précédents prix ont été attribués à l’Europe. Il n’est pas nécessaire de rappeler à ces incultes combien de pays compte cette Afrique, et combien c’est réducteur et malpoli de se livrer à de telles allusions. Le saut qualitatif de Mohamed Mbougar Sarr est un signal fort de la richesse du continent africain. Tenez, le Sénégalais n’était pas le plus célèbre de la sélection ; ni ses deux maisons d’édition (la française de l’éditeur indépendant Philippe Rey et la sénégalaise Jimsaan), des habituées de la course au prix. Son texte était d’une frappante complexité, mais d’une s’aissante et d’une incroyable originalité . Il n’en faut pas plus pour rafler tout sur son passage.



