Héros de l’indépendance de la Zambie, chef de file des Pays de la Ligne de Front avec son ancien et défunt homologue mozambicain Moses Samora Machel, David Kenneth Kaunda, premier président de la Zambie qu’il dirigea pendant 27 ans 1964-19991), est décédé jeudi 17 juin 2021 97 ans à l’hôpital militaire de la capitale zambienne, Lusaka, a annoncé le président du pays, Edgar Lungu.
Le “gentleman president” qui agitait son mouchoir blanc pour marquer son approbation à ses partisans était une figure majeure de la lutte pour la libération de nombreux pays d’Afrique australe à l’instar du Zimbabwe ou de la Namibie, l’Angola et le Mozambique, sans oublier l’Afrique du Sud auxquels son pays apporta un soutien notable à l’époque, le payant parfois au prix fort.
Le combattant pour la libération des majorités noires des pays d’Afrique australe où régnait la ségrégation raciale du fait de la toute-puissance des Blancs fut aussi un terrible dictateur dans son pays où il menait la vie dure aux opposants et autres critiques. Le multipartisme y fut ainsi aboli afin, soi-disant, d’« éviter l’éclatement du pays ».
Au début des années 1990, Kenneth Kaunda suit la tendance de la libéralisation politique en Afrique, et restaure le multipartisme. La première élection présidentielle pluraliste en 1991 lui est fatale puisqu’il est battu par son adversaire Frederic Chiluba. Mais contre toute attente, alos que ses pairs des autres pays africains n’organisent des élections que pour les gagner quelle que soit leur impopularité, celui qui va entrer dans l’histoire comme un patriarche de bon conseil africain accepte le verdict des urnes sans faire de difficultés et se retire.
Le deuil national de 21 jours décrété hier par les autorités zambiennes est ainsi un hommage à un grand Africain qui a su préserver son pays des tribulations de la conservation du pouvoir qui est devenu une marque de certains leaders africains sans scrupules.
