Alors que les autorités de transition s’affirment de plus en plus en actant le départ de la France du Mali, des leaders de l’opposition tentent de faire barrage au projet de refondation. Regard sur les chances de réussite du gouvernement civil annoncé à Abidjan.
En filigrane de la victoire évidente de l’autorité du Mali sur la France, le gouvernement de transition fait face à un nouveau challenge qui était prévisible. L’opposition affichait ouvertement son désaccord vis-à-vis des entreprises du gouvernement ; elle met visiblement ses menaces à exécution. Réunis au sein d’une coalition de huit partis politiques baptisée Mouvement Faso Dambe en Côte d’Ivoire, des leaders d’opposition ont annoncé ce 23 février la formation d’un gouvernement civil de transition le 27 février. La mission de cette instance sera d’organiser de nouvelles élections au plus tard dans six mois.
En annonçant cette initiative, le président de la coalition, Ainea Ibrahim Camara dit regretter que le Mali soit tombé dans les travers. « Nous avons fait tout ce que nous pouvons pour accompagner les autorités de transition dirigés par le colonel Assimi Goïta », rappelle-t-il. Et d’ajouter que le mouvement qu’il va conduire participera à la refondation du Mali à travers la consolidation des ententes avec la CEDEAO et tous les autres partenaires du Mali pour redorer le blason du pays. Même s’il a assuré que cette coalition n’est influencée par aucune puissance étrangère, elle souffre encore de crédibilité.
A cette heure, le mystère est entier sur la position du peuple malien devant cette entreprise alternative. A l’appel du président militaire de la transition, les Maliens sont plus d’une fois sortis pour marquer leur solidarité envers le projet que promeut le colonel Assimi Goïta. Le premier échec ou la première réussite de cette coalition sera assurément le rassemblement populaire souhaité de ce 27 février. Test de popularité et de confiance, la mobilisation permettra d’apprécier l’inclinaison du peuple malien, d’une partie ou non ; le 27 février renvoie en réalité à la date qui avait été décidée par la junte en août 2020 pour le retour de l’ordre constitutionnel.
A son corps défendant, Ainea Ibrahim Camara a soutenu que la majorité des Maliens n’est pas d’accord avec la prise du pouvoir et la gestion de la transition par les militaires. Dans le même temps les politiques feignent d’ignorer que c’est pour rompre avec les annonces et les actions creuses dont les hommes politiques ont l’habitude qu’Assimi Goïta a décidé de s’engager auprès de la population. Le peuple voudra-t-il aussitôt basculer dans la situation initiale au nom d’une caution civile au pouvoir ? le salut du Mali viendra-t-il de la Côte d’Ivoire qui s’est montrée défavorable aux récentes décisions souveraines du Mali ? Rien n’est moins sûr.



