la très fameuse “Communauté internationale” et l’Union africaine (…) ont, par leur complicité dans l’instauration anticonstitutionnelle du nouveau pouvoir de N’Djamena, livré le peuple tchadien à ses bourreaux d’aujourd’hui.
Le président du Directoire National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun est très remonté à la suite du massacre perpétré jeudi par la junte militaire sur les populations civiles tchadiennes.
Le 20 octobre dernier des centaines de Tchadiens ont voulu exprimer leur désaccord avec la confiscation du pouvoir par Deby fils et sa bande qui ont pris le pouvoir par la force au Tchad le 20 avril 2021, s’engageant à le remettre à un régime civil à l’issue d’une transition d’un an et demi (18 mois) qui allait être soldée par des élections démocratiques auxquelles n’allait prendre part aucun membre du régime de transition. Furieux contre ces empêcheurs de jouir en rond des fruits des coups de force, le dictateur en herbe de N’Djamena et son armée leur sont tombés dessus à bras raccourcis, tuant au moins une cinquantaine de manifestants.
Lui aussi opposant dans un pays voisin du Tchad, le Cameron, où la répression des manifestations pacifiques est une donnée intangible du pouvoir, le Professeur Maurice Kamto qui a séjourné plus de huit mois en prison depuis la dernière élection présidentielle au Cameroun, et dont environ deux mille camarades politiques ont goûté aux affres des différents pénitenciers du pays a tenu à exprimer non seulement sa solidarité avec e peuple tchadien matraqué et martyrisé par les Deby, mais aussi sa forte préoccupation relativement au traitement inhumain administré à un peuple dont le seul crime est d’exiger que ses dirigeants soient l’émanation de leur volonté.
Il le fait savoir dans un message qui interpelle à la fois le boucher de N’Djamena et les tueurs de sang froid à sa solde, mais aussi la justice internationale qui doit leur demander des comptes, sans oublier les « autres chefs d’État de notre sous-région » qui doivent s’impliquer pour un retour à la normale au pays de François Tombalbaye.
Ci-après, la réaction du Professeur Maurice Kamto
“Les malheurs d’un peuple frère ne peuvent nous laisser indifférents.
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) est profondément choqué par les images insoutenables et honteuses des dizaines de morts et des centaines de blessés tchadiens, qui ont fait le tour du monde le jeudi, 20 octobre 2022. Rien ne peut justifier une telle tragédie. Les explications fournies par le Premier Ministre, quelques heures après le douloureux événement, laissent sans voix.
Le MRC adresse ses condoléances les plus attristées aux familles des personnes assassinées, et sa profonde compassion aux nombreux blessés.
Le MRC apporte son soutien sans réserve au peuple frère du Tchad en lutte contre un pouvoir qui viole sans vergogne ses principaux engagements pris dans le cadre de la transition, en faveur de l’établissement d’un régime civil, l’ouverture démocratique, le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et des libertés publiques, dans le cadre d’un Etat de droit.
Les massacres survenus au cours de ce “jeudi noir” ne doivent pas rester impunis, ni au niveau national, ni au niveau international. Celui ou ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur des manifestants politiques portant des revendications légitimes ainsi que les responsables et les éléments des forces de sécurité ayant eu la moindre implication dans ces massacres doivent en répondre.
Les massacres du 20 octobre 2022 sont la conséquence directe de l’établissement du pouvoir actuel en violation de la Constitution, suivant une méthode du gré à gré et dans une logique de transmission dynastique, contraires aux principes de base et aux valeurs fondamentales de la République.
Refusant de tirer les leçons de leurs erreurs passées, la très fameuse “Communauté internationale” et l’Union africaine qui prétendent promouvoir les valeurs démocratiques ont, par leur complicité dans l’instauration anticonstitutionnelle du nouveau pouvoir de N’Djamena, livré le peuple tchadien à ses bourreaux d’aujourd’hui.
Elle a bouché ses oreilles aux mises en garde clairvoyantes du Peuple du Changement du Tchad, partis politiques, organisations de la société civile, personnalités de divers horizons, dont l’une des figures les plus éminentes est le président national du parti “Les Transformateurs”, Monsieur Succès MASRA. Si son arrestation est confirmée, nous en appelons à sa libération sans délai, afin de ne pas ajouter le malheur à la tragédie du 20 octobre et de favoriser l’apaisement, condition nécessaire de la recherche d’une solution à la crise politique profonde dans laquelle est plongé le pays.
La paix et la stabilité au Tchad concourent à la paix et la stabilité en Afrique centrale, à commencer par mon pays, le Cameroun.
C’est pourquoi nous lançons un appel aux autres chefs d’État de notre sous- région afin qu’ils s’impliquent dans la recherche d’une solution durable aux difficultés actuelles de ce pays frère.“
Le Président national du MRC
Maurice KAMTO



