Cameroun-Silence de Biya : touchante analyse d’un chef traditionnel

Dans une tribune publiée ce 31 mars 2020 sur sa page Facebook Foo Tchendjou 2 Sokoudjou, le Chef supérieur du Royaume Bamendjou fait une analyse du silence curieux de Paul Biya devant la grave crise qui touche le monde et le Cameroun.

Cameroonvoice vous propose l’intégralité de sa publication

Est-ce que depuis le dedans de la chefferie le chef écoute même les cris et les pleurs du peuple?

Ca sent que comment dedans ?

La guerre surprend le peuple et les voyants au champ de bataille. Le peuple cris espérant le secours de son chef, aucune voix ne sort de la chefferie que le dedans de la maison sent que comment? Ce silence face à la détresse du peuple c’est pour que le peuple se suicide ou pour qu’il aille en guerre sans que le chef ne crache sur leur poitrine? Jusqu’à le successeur la va pleurer son père?

Le peuple regarde la route de la chefferie en ce moment où il veut entendre la voix du chef pour le rassurer qu’il n’est pas abandonné, n’est pas orphelin. On dit que les notables ont parlé. Ils ont déjà mangé la maison du chef pour parler à sa place? La parole du chef n’est pas la parole des notables, et la parole des notables n’est pas la parole du chef. Où le peuple crie comme ça au moment où le tonnerre gronde et que personne ne l’écoute!!!!

Le dehors n’est pas bon et ce n’est pas le moment de jouer avec le destin de tout un pays. Quand ça cogne c’est à la maison que tu ressens la douleur. Notre pays comme le monde entier traverse une période trouble et chacun doit penser à sa tête.

J’invite tout un chacun à la méfiance et à la prudence, il s’agit des vies humaines à sauvegarder, que la politique se mette de côté et que chacun se dise si on jette je ne dois pas jeter. Ce n’est pas le moment de dire tel n’a pas fait ci. Que chacun apporte sa part de sac de sorcellerie pour qu’ensemble nous sauvions le pays qui brûle.

Au champ de bataille on ne compte pas les cadavres, l’urgence et le plus important étant de faire finir la guerre. Arrêtez de faire la politique sur la santé des camerounais. Ils n’en n’ont pas besoin pour le moment. Quand le village brule, même celui qui avait raté la succession et qui ne rêve que de la mort du chef apporte sa part de seaux d’eau pour éteindre le feu si non c’est sa part de malédiction qu’il porte. Une fois que le feu est éteint, il peut aller réveiller les cadavres des problèmes comme on l’avait accouché avec le front des problèmes.

Aussi, que chacun en restant sache que si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain, que personne ne pense qu’il restera ici comme quelques-uns parmi vous pensent qu’ils avaient déjà vu leur maison ici sur terre.

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Rien ne surprend les personnes sages car tout est prévu et organisé longtemps à l’avance dans l’intérêt du peuple et non pas pour toi comme chacun se cogne la poitrine aujourd’hui en se disant que si la maison s’effondre c’est lui qui part s’asseoir dans les restes. Qui vous trompe comme ça? Si tu te trompes de chemin à l’aller et au retour, sache que ton cercueil n’est plus loin. Vous pouvez tout tisser et calculer, mais le peuple a grandi et n’est plus dupe.

Vous vous êtes déjà assis où et quand pour dire que comme on ne sait jamais!!!!! Si en nous levant le matin on comprend qu’une pluie sans grondement de tonnerre est tombée on va faire comment???

Chacun ne pense qu’à son ventre et dans un angle de sa tête fait ses petits calculs et est convaincu que si on dit une personne c’est lui et si ce n’est pas lui on déchire même la porcherie le porc sort. Tu as consulté qui et tu mets le peuple ou dans ton rêve?

Quand un torrent inhabituel descend il faut prendre des précautions et éviter que l’eau en se versant la calebasse se casse également.

Ce qui est arrivé hier ne peut plus arriver aujourd’hui. Le peuple camerounais est mature et responsable. Quel qu’en soit le vent qui peut souffler, j’invite le peuple au calme et à danser en écoutant le son du tamtam. Évitez le piège de la manipulation des apôtres du désordre qui espère un moment dans le noir pour régler leurs comptes et n’oubliez pas aussi que celui qui s’arrange à empêcher le sommeil a son frère doit s’organiser à ne pas fermer lui-même l’œil. Je refuse que quelques petits malins qui croient que le peuple est leurs fonds de commerce continuent à rêver que demain ils vont utiliser ce peuple comme un pont pour aller de l’autre côté de l’eau récolté ce qu’ils n’ont pas semés.

La quantité que j’ai déjà vue, je refuse une autre souffrance à ce peuple qui a déjà trop souffert. Les plaies ne sont pas encore toute cicatrisées pour que nous en cherchions d’autres. Le Dieu de nos ancêtres parle, qui vous a dit qu’il n’écoute pas nos pleurs?

N’importe quoi est bon comme on s’est assis; s’est organisé et s’est accordé que si demain ça met comme ça, on fait comme ça. Ne pas toujours sursauter chaque matin comme si on se levait du sol du deuil.

Le temps dehors ne regarde pas bien, que chacun ramasse sa part de bois et mette à la maison car il est toujours préférable qu’en attendant que la femme qui est enceinte accouche, qu’on écrase le couscous pour mettre à la maison.

Portez-vous bien en ce temps de confinement, moment idéal pour que les dieux entrent au lieu sacré, soyez prudents, pensez à vos vies et à celles des autres car à la sortie de ce confinement je veux vous voir tous et en bonne santé pour qu’ensemble nous bâtissions ce pays.

Foo Tchendjou 2 Sokoudjou

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