Loi H.R. 7311 : L’odieuse camisole de force anti-Poutine de la France néocoloniale pour mettre l’Afrique au pas avec l’aide de Washington !

Au lieu de régler le problème russe directement avec la Russie qui, -à travers menaces et ultimata, sans oublier la réécriture à la Russe de l’histoire-l’invite depuis plus de trois mois à une véritable démonstration de(s) force(s) militaire(s), les États Unis -qui ont préféré sacrifier l’Ukraine à la puissance de feu du Kremlin- ont décidé de tailler une belle camisole de force pour les Africains qui devront désormais renier leurs relations avec la Russie ou en répondre devant… le Département d’État (ministère des affaires étrangères) américain.

(Le 19 février dernier, des Ukrainiens manifestaient dans la capitale israélienne, Tel-Aviv, contre l’agression de leur pays par la Russie, et demandaient à l’Union Européenne, à Israël et aux Etats-Unis de cesser de se laisser effrayer par Moscou. Deux mois plus tard, les Etats-Unis qui ont toujours peur du “malade” et “mourant” Vladimir Poutine ont orienté leur colère sur l’Afrique : un coup de la France ?). (Source de l’image MOSTAFA ALKHAROUF/Anadolu Agency via AFP)  

Ce n’est pourtant pas seulement en Afrique que l’on a observé les sons de cloche différents et divergents au sujet de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Bien plus, les Etats-Unis qui continuent de commercer avec la Chine (allié officiel de Moscou) et avec la Turquie, pays membre de l’OTAN qui fait tout pour tordre le cou à tout ce qui pourrait affaiblir le maître du Kremlin dans le cadre de sa confrontation avec l’Occident, mais seuls les pays d’Afrique sont  obligés par les Etats-Unis de choisir, selon l’un des auteurs de ce projet de loi inique, Michael McCaul, président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, non pas entre les Etats-Unis et la Russie, mais carrément entre « le monde libre » –entendu incontestablement comme le bloc constitué des États-Unis et de leurs alliés, et le dirigeant russe Vladimir Poutine. « We must make every state choose between doing business with the free world or with a war criminal » (en français : Nous devons obliger chaque État à choisir entre faire des affaires avec le monde libre ou avec un criminel de guerre), déclarait-il lors de la présentation du projet de loi a Congrès, le 31 mars dernier..

Plus de trois  décennies après l’effondrement de l’ex-Urss, la Russie, successeur de l’ex-empire communiste, s’est requinquée au point de redevenir la plus  puissante armée au monde, réduisant les Etats-Unis, première puissance militaire entre la fin de la 2nde Guerre Mondiale et la fin des années 2000, à jouer les chiens qui aboient sans mordre, en témoigne l’implication dérisoire et très distante du pays de l’Uncle Sam  en Ukraine depuis le début de l’invasion de ce pays qui, ce n’est un secret pour personne, n’est en réalité qu’une provocation indirecte des Etats-Unis et de ses alliés par le Tsar Vladimir. Et ce sont les pays africains qui vont en faire les frais.

Il y va un peu de leur faute, passez nous cette digression, car éternels consommateurs des produits et doctrines étrangers, toujours en train de s’émerveiller des exploits des autres, et pour la plupart dirigés par des satrapes plus préoccupés de s’éterniser au pouvoir –quitte à vendre au prix symbolique leurs pays aux étrangers en échange de quelque dérisoire protection- que de créer les conditions de l’émergence et de l’envol de leurs pays vers les cimes de la puissance (militaire, pourquoi pas, puisqu’il semble que l’on trouve aussi en Afrique les gisements de cet uranium qui sert pour la fabrication de la bombe atomique, alors que les pays de ce continent achètent encore jusqu’à leurs pistolets automatiques en Chine, en France, en Grande Bretagne ou en Israël -regarder l’intervention du Dr. Maurice Simo Djom, expert en géostratégie sur Equinoxe télévision, émission “La Vérité en Face du 20 mars 2022“) les États africains se sont justement mis dans une situation délicate de petits toutous, obligés de sautiller sur deux pattes ou de courir après une ombre selon l’humeur du jour de leurs maître(s) du moment.

En clair, avec la Loi HR 7311 d’abord adoptée à l’écrasante majorité de 419 voix contre 9 par la Chambre des représentants des Etats-Unis le 27 avril 2022 (et finalement adoptée par le Congrès lors de sa 11ème session en mai) dans l’optique de contrecarrer ce qu’ils appellent les activités « malveillantes » de la Russie en Afrique, l’adage « l’Histoire est un éternel recommencement » se vérifie dans toute son acuité et sa pertinence, faisant de ceux qui estimaient révolu le temps des manichéismes (obligation insidieuse faite à l’Afrique de choisir ses fréquentations entre les deux blocs impérialistes engagés dans la course à la domination du monde, de parfaits ingénus. Car si Vladimir Poutine est accusé par les Occidentaux de n’avoir cure de précipiter le monde dans une autre guerre qui pourrait se révéler mondiale en cas  d’utilisation par l’Ukraine des armes fournies par l’Otan pour frapper en Russie, poussant celle-ci à faire usage de l’arme nucléaire, il semble que les États-Unis à leur tour soient en train de ramener l’Afrique à marche forcée vers à la guerre froide(*) à travers cette démarche visant à encadrer les relations du continent avec la Russie.

#ctaText??#  Cameroun : les revers économiques de la pénurie de carburant

Pis encore, c’est le petit espace de liberté engrangé depuis quelques temps par l’Afrique qui va se voir considérablement rogné si l’on n’y prend garde, comme l’explique le philosophe Franklin Nyamsi dans son post « DUEL USA/RUSSIE EN AFRIQUE: LA RESOLUTION HR 7311 ANNONCE DES TEMPS DIFFICILES POUR L’AFRIQUE ».

Eradiquer la Russie pour monopoliser l’Afrique ou la marque de la (…) France

La situation n’est cependant pas complètement désespérée, car si les dirigeants africains restent encore prudents et évitent pour la plupart toute confrontation frontale avec les anciens maitres du Nord ou d’Occident, la génération actuelle des peuples africains qui se veut la digne héritière des preux combattants de la liberté qui se battirent –parfois jusqu’à la dernière goutte de sang- pour les indépendances, monte à son tour  depuis quelques années  à l’assaut de leurs exploiteurs.

Les manifestations houleuses contre l’utilisation de la monnaie coloniale Franc CFA dans certains pays ou celles (qu’elles procèdent ou non des manipulations politiciennes des populations par des régimes autoritaires ou tentés par le totalitarisme qui ne peinent pas à trouver une oreille attentive auprès de la Russie dont le comportement du dirigeant est incontestablement à l’opposé des valeurs démocratiques -traitement global des opposants et de la presse ou des manifestations contre le pouvoir) appelant au départ des militaires français de certains pays africains (Mali, Centrafrique, Burkina, Tchad, Cameroun) ou proclamant le rejet de la France démontrent à l’envi que l’Afrique pense de plus en plus à ne plus se laisser dicter sa conduite.

La réaction sèche du Zimbabwe à la pression américaine ou la rencontre à Sotchi le 3 juin 2022, entre le président en exercice de l’Union Africaine,  le Sénégalais  Macky Sall, et le président de la Fédération de Russie, pour discuter de la sécurité alimentaire en Afrique, constituent non seulement la réaffirmation du non-alignement doctrinal de l’Afrique, mais également le pied de nez du continent à l’endroit des USA (et de son mandant ?) qui, selon de nombreux observateurs, userait juste de sa puissance réelle ou supposée pour aider la France à garder dans les rangs des pays d’Afrique francophone tentés de s’émanciper, et surtout, de recourir à la Russie, elle-même désireuse d’agréger l’Afrique à sa zone d’influence planétaire pour atteindre cet objectif de leur libération de ce qu’ils considèrent comme la tyrannique férule française.

(*)  Au bon vieux temps de la guerre froide entretenue par  les deux principales puissances militaires mondiales (Etats-Unis d’Amérique Vs ex-Urss et alliés respectifs), certains pays africains ayant accédé à l’indépendance suite à une confrontation violente, voire sanglante avec les colonisateurs occidentaux et  ayant bénéficié pendant ces moments difficiles de l’empathie de Moscou ou de Pékin, ou trouvé une oreille attentive en Roumanie, en ex-Tchécoslovaquie, en ex-République Démocratique Allemande, en Pologne, ou, dans une certaine mesure en ex-Yougoslavie du Maréchal Josip Broz dit “Tito” ou en Corée du Maréchal Kim Il Sung,  étaient estampillés “marxistes” par l’Occident et ses satellites, quand bien même certains de ces leaders n’étaient pas outillés pour comprendre quoique ce soit  au socialisme, certains n’ayant du reste jamais lu une traitresse ligne de “Le Capital” de Karl Marx dont ils n’auraient au demeurant rien pigé, le leur eut-on décortiqué ligne après ligne une année  entière durant. 

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