A l’heure de “La vérité en Face”, comment Maurice Kamto a (ren)forcé l’admiration des Camerounais

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C’était le rendez-vous le plus couru de ce dimanche 1er décembre 2019. Rues vidées dès 20 heures en mode remake de l’ambiance au Cameroun du match d’ouverture de la 14ème édition de la Coupe du monde de football, le 8 juin 1990 au Stade Giuseppe Meazza de Milan -pour ceux qui s’en souviennent encore-.

https://youtu.be/T5QFpkeaZhI https://youtu.be/vOeDQ07GCuM
Les Camerounais se redécouvrant cette piété que les vicissitudes de la vie leur ont ôtée, ont prié pour que la compagnie d’électricité qui a recommencé à produire à tous les coups des mégawatts d’obscurité, leur épargne pour une fois ce caprice, le temps que l’homme politique le plus suivi de l’heure, Maurice Kamto, fasse éclater la vérité en face et éclabousse tous ses contempteurs, aussi bien ceux qui évoluent à découvert que ceux qui avancent masqués.

Satisfactions collatérales

Et le moins qu’on puisse dire est qu’au finish tout le monde en a eu pour son compte. Aussi bien ceux qui ont joui à plein temps de la lumière que ceux qui, pour pallier les coupures d’électricité -qui n’ont pas manqué à l’occasion-, ont consenti des dépenses supplémentaires pour acheter du crédit Internet auprès des opérateurs de téléphonie mobile, afin de regarder l’émission “La vérité en Face” sur Equinoxe TV sur leurs Smartphones.

Commentaire d’une tenancière de call-box au quartier New-Deido :

« En moins de deux heures, j’ai vendu pour plus de 200.000 francs de crédit téléphonique et gagné plus de 10.000 francs aux partisans de Kamto qui disent que fais quoi fais quoi, que la lumière revienne ou pas, ils vont seulement que regarder l’émission d’Equinoxe sur lui. Ce type est un vrai Messie. » (Sic).

Presque normal ! Depuis que Kamto et sa bande d’empêcheurs de jongler en rond avec les aspirations des Camerounais s’est mis en tête de poser à chaque fois des actes politiques qui poussent le régime en place jusque dans ses retranchements ultimes, et à révéler sa fragilité structurelle, sa faiblesse idéologique et ses lacunes stratégiques, alors que face à des bras cassés politiques ce régime s’était vanté jusque là d’être conduit par un boulanger capable de rouler son monde dans la farine, la moindre parole de « Tonton Maurika Scofield » se boit comme du miel par des Camerounais en quête d’espoir… de pouvoir espérer. 37 ans après, les Camerounais ont finalement découvert un régime sous son vrai jour, celui d’un épouvantail des champs, ou tout au plus d’un géant aux pieds d’argile plus paniqué qu’à son tour.

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Comme à chacune de ses prises de parole, rares, et surtout policées pour l’homme politique le plus brimé de la scène politique qui vous rappelle un certain Victorin Hameni Bieleu des années 1990, et surtout pour quelqu’un qui vient de passer injustement neuf mois en prison, Maurice Kamto a réussi dimanche, le tour de force de répondre aux attentes pourtant contradictoires de deux catégories de Camerounais :

  • Les Camerounais épris de liberté, de paix et de démocratie, qui se sont frottés les mains, davantage convaincus par la démonstration de son intelligence des choses que la confiance placée en cette bête noire du régime Biya était largement justifiée, et peut l’être encore pour longtemps tant qu’il ne posera pas un acte de trahison des espoirs sinon des Camerounais, du moins de ses partisans ;
  • Les partisans du régime et autres “opposants” rémunérés pour leur opposition au MRC et à Maurice Kamto, sans oublier les frustrés de tous bords qui croient que c’est l’entrée en scène de Maurice Kamto qui a ruiné leurs dernières chances de jouer un rôle de premier plan sur la scène politique. Réunis dans le groupe de ce que les Camerounais appellent les “détracteurs professionnels et rémunérés du leader du MRC”, ceux-là ont pu s’étrangler tout leur soûl, eux qui, dès l’annonce de l’entretien de Maurice Kamto sur Equinoxe TV, avaient aiguisé leur langue de fourberie et nourri leurs cœurs de rage, pour déverser de toutes leurs forces, la dose de mauvaise foi dont ne peuvent être capables que des êtres obstinément aveuglés par une haine injustifiée. Ils ont eu de bonnes raisons de réaliser leur projet rébarbatif, Kamto n’ayant nullement faibli, du début à la fin, pour leur donner la moindre raison de ménager leurs énergies négatives.

“Je ne peux pas empêcher les gens de m’aimer et d afficher mes posters”. Qui dit mieux ?

Qu’il se fût agi de la controverse subséquente au trucage présumé des résultats de l’élection présidentielle 2018 à laquelle il était candidat, de son séjour carcéral de plus de huit mois dans une prison de haute sécurité après une arrestation rocambolesque sur la base d’un mandat… de perquisition -par un commissaire divisionnaire si féru de Sciences juridiques qu’il a cru devoir “remettre à sa place” l’impertinent professeur agrégé de droit qui lui signalait cette entorse à la loi en le traitant de “capacitaire- (https://youtu.be/vqD8ZHugNfU), de ses relations avec les activistes de la diaspora (https://youtu.be/ZQpSma2XMPM) de la crise qui secoue la zone anglophone, du développement tribaliste et haineux du discours politique, de l’explication de son propos tenu l’année dernière devant le Conseil Constitutionnel pendant le contentieux électoral qui a servi de rampe de lancement à une meute d’attardés jouant aux apprentis-sorciers de l’explication de texte (https://youtu.be/FPChKhR3qrQ), ou qu’il s’agît de recadrer un sous-ministre qui se complait à professer dans ses rodomontades l’ idéologue du génocide programmé des Bamilékés pour se faire remarquer par ses employeurs et mieux mériter sa place au sein d’un régime qui a pour projet de société de détruire le Cameroun avant de disparaitre (https://youtu.be/bAyariFmU7w), sans oublier le sujet crucial du boycott de la mascarade électorale du 9 février 2020, et bien d’autres Maurice Kamto a servi à ses compatriotes mobilisés devant leurs postes téléviseurs, d’ordinateurs ou de téléphone, un véritable délice que l’on doit à la télévision privée Equinoxe TV et à son trio d’intervieweurs, Cédric Noufeleu, Jonathan Babila et Duval Fangwa.

Un délice que l’on se doit absolument de conserver dans les archives pour revisiter de temps à autre, question d’éviter que les mythomanes qui ont déferlé sur la scène politique pour secourir un pouvoir brinqueballant ne continuent pas de dérouter un peuple qui a plus que jamais besoin de se libérer avant toute chose.

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