Cameroun- Boycott des élections de 2020: Les ministres Atanga et Sadi raillent l’opposition et mettent en garde contre l’ingérence étrangère


Les élections législatives et municipales auront lieu envers et contre tous. Le boycott de ce double scrutin par le MRC pour cause de pourrissement de la crise politique et sécuritaire dans les régions sécessionnistes anglophones et d’iniquité avérée du code électoral réputé taillé sur mesure pour le parti au pouvoir n’impressionne pas outre mesure le gouvernement dont deux membres, par ailleurs tous cadres importants du parti au pouvoir, ont donné lundi une conférence de presse pour railler le MRC et retoquer les exigences des deux autres formations, à savoir le SDF et le PRCN qui ont posé des conditions pour leur participation, quoiqu’étant déjà engagé dans le processus de candidature.

Focalisant sur le MRC, le ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji, a balayé d’un revers de la main l’argument sécuritaire mis en exergue non seulement par le MRC pour expliquer sa décision de boycott, mais aussi dans une certaine mesure, par le SDF qui fait du retour de l’accalmie dans les deux régions en ébullition une condition prépondérante à sa participation au rendez-vous politique du 9 février prochain.

Fin de non recevoir

« Ceux qui évoquent la situation des régions du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest pour ne pas aller aux élections, c’est une fuite en avant, c’est un argument fallacieux qui ne repose sur rien. Si nous allons aux élections, convoquées par le chef d’État, ça veut dire que toute évaluation faite, ces élections sont possibles et peuvent se tenir dans des conditions de sérénité et de tranquillité », a indiqué le MINAT, moquant du reste les demandes formulées par le PCRN de Cabral Libii (ancien candidat à la présidentielle de 2018) d’une prorogation des délais de dépôt des dossiers de candidature :

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« Quand j’entends dire que les gens demandent deux semaines supplémentaires, j’ai envie de rire. Ce n’est pas un jeu d’enfant ».


En tout cas, pour le ministre Rdpc qui semble travailler en étroite collaboration avec l’organe électoral (officiellement indépendant mais qualifié par l’opposition et de nombreux observateurs neutres d’antichambre du parti au pouvoir), sa région natale du Nord-ouest a enregistré 7000 dossiers pour 1048 places de conseillers municipaux, et plus de 300 dossiers au niveau des députations. Une information à prendre avec des pincettes compte tenu de la situation sécuritaire dans cette région où la guerre de sécession ne cesse de prendre des proportions, et où pour la première fois, la compagnie aérienne nationale a avisé, en début de semaine, qu’un de ses avions avait essuyé des tirs de coups de feu.

Non aux ingérences extérieures !

René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a saisi le prétexte de cette sortie pour en boucher un coin aux pays étrangers, qui se sont montrés dernièrement très critiques vis-à-vis de l’accroissement de la dictature au Cameroun et des violations des droits de l’homme, notamment dans les régions en guerre.

« Le gouvernement entend fustiger toutes les manœuvres qui s’apparentent au chantage, à la surenchère. Tout comme il dénonce ces diverses tentatives d’ingérence extérieure ou ces velléités d’interférence contraires à nos lois, et qui préconisent d’autres reports, des reports infinis des élections législatives et municipales en perspective. »,

a martelé monsieur Sadi qui, à en croire des commentateurs, s’adressait ainsi aux Etats-unis d’Amérique qui ont récemment pris des sanctions contre le Cameroun, et dont le Sous-secrétaire d’Etat chargé des Affaires africaines, Tibor Nagy, aurait fait savoir à un ministre camerounais en tournée aux USA, que son pays ne pouvait pas continuer de collaborer avec une dictature.

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