Tchad : En attendant le dialogue national, la diaspora à Genève pour exorciser la transition confisquée par Mahamat Déby et la France

Tchad : En attendant le dialogue national, la diaspora à Genève pour exorciser la transition confisquée par Mahamat Déby et la France

Initiées par l’association Utopie Nord-Sud, des assises sur la transition politique au Tchad se déroulent depuis mercredi à Genève en Suisse. Prévues pour s’achever jeudi 28 octobre 2021, elles seront l’occasion pour des membres de la diaspora tchadienne de scruter pour la décrypter -dans la perspective du dialogue national “inclusif” en préparation-, la Charte de la transition militaire qui fait peser de sérieuses appréhensions relativement à sa mise en œuvre.

Les pouvoirs exorbitants accordés par la Charte de la transition militaire à Mahamat Idriss Déby Itno, successeur anticonstitutionnel de son père tué au combat le 19 avril dernier alors qu’il essayait de démontrer qu’il n’avait pas usurpé son grade de Maréchal du Tchad le laissaient présager clairement : ce que l’on appela pudiquement “transition” n’étaient en fait que la validation d’un autre coup de force politique en vue de permettre à la famille du défunt président de perpétuer la confiscation du pouvoir d’Etat au Tchad.

Confiscation étant synonyme d’exclusion de nombreux citoyens tchadiens n’ont pas tardé à déchanter au regard de la tournure que prend au fil des jours le hold-up d’avril dernier  avalisé par la France.

D’où la rencontre des 27 et 28 juillet pour exorciser une transition qui gravement tourmentée par les démons de l’indifférence donc de la non-inclusion.

Pour de nombreux participants à la concertation de Genève, la junte conduite par Mahamat Idrss Deby Itno est tellement pleine de morgue qu’elle n’est plus disposée à prêter une oreille attentive à quelle que autre proposition qui ne soit pas de son émanation, et n’entend plus associer les différents courants politiques ou de simple réflexion à l’élaboration de la transition.

Bien plus, « la junte décide discrétionnairement de qui elle veut impliquer dans la gestion d’une “transition”,  qui pourrait se révéler n’être qu’une formalité avant l’officialisation de la prise du pouvoir par “le prince Mahamat, fils du défunt roi Deby” » fulmine  Kailan Alice, journaliste indépendante et militante du mouvement politique Les Transformateurs de Succès Masra contactée par Cameroonvoice.  Son de cloche pareil chez Djonabaye Laya, membre de la plateforme de concertation de la diaspora tchadienne réagissant au micro du correspondant local de la Deutsche Welle : « Les gens nous évitent. Cette politique de coopter les gens et d’éviter les acteurs clés ne va pas nous arranger ».

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Au détour cependant des fustigations, de nombreux vœux tournant tous autour de la nécessaire prise en compte des propositions de l’opposition politique et des organisations de la société civile. Le cas de Delphine Mortha, résidant au Canada, qui souhaite que le dialogue national annoncé « prenne le caractère d’une conférence nationale souveraine qui donne la possibilité aux Tchadiens de laver leur linge sale en famille, sans l’ingérence de la France ».

Djonabaye Laya en appele quant à lui à la prise en compte des propositions faites par son organisation, parmi lesquelles « la  proposition de la charte de transition civile, notre vision du dialogue et les outils d’analyse sur les rapports de l’Union africaine et bien d’autres rapports », en constatant que jusqu’ici, le Conseil militaire de transition  est resté « muet par rapport à toutes ces propositions qui ont été portées à sa connaissance ».

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